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1 avril 2013 1 01 /04 /avril /2013 14:58

 

Le patrimoine oral à parfois des intérêts inattendus, depuis quelques années en Bretagne et dans le monde naît la volontée de mettre en valeur et de recueillir l'usage traditionnel des plantes. C'est l'ethnobotanique, l'ensemble des relations entre l'Homme et les plantes qui l'entourent.

Santé, constructions, divertissements, magie, musique.... les usages sont bien sûr infinis. Et il est important de les collecter avant qu'ils ne tombent dans l'oubli. Surtout quand certains de ces savoirs s'avèrent efficaces. Par chance c'est une des matières les plus simples à collecter. Voici quelques exemples de médication par les plantes et de quelques uns de leurs usages connus dans le secteur de Plessé/Guenrouët, en usage au moins jusque dans les années 60.

Bien-sûr, comme d'habitude, n'hésitez pas à partager vos connaissances.

Les informations nouvelles seront mises au fur à mesure.

 

(édition : lorsque suivi d'un "S" il s'agit des résultats d'un collectage à Soulvache)

 

Les propriétés des plantes ci-dessous sont avérées (1) :

 

 

Orties :

Urtica

 

Les orties fraiches et « jeune » (au printemps) se mangent en soupe.

En décoction elles stimuleraient la pousse des cheveux.

Toujours en décoction sur le potager elle permettent d'éloigner les pucerons.

Avant de planter des plants de tomates, par exemple, des orties fraichements coupées sont introduites dans les trous.

Enfin, autrefois on utilisait des branches d'orties fraiches contre les rhumatismes (flagellations)

 

 

Nombril de Vénus ( gallo: Potè ) :

Umbilicus rupestris

 

Le nombril de vénus se mange. Son usage médicinal ne semble pas connus dans cette zone (?)

 

 

Plantain (gallo ~ Senqo)

Plantago lanceolata

 

Utilisation médicinale contre les piqûres d'orties ou d'insectes. Juste après la piqûre prendre une feuille de plantain, la déchirer, et la frotter sur l'endroit touché.

 

 

Chélidoine (herbe à verrues)

Chelidonium majus

 

Elles poussent sur les murs, le lait de cette plante soigne les verrues. Mais attention à ne pas le boire !

 

Thym sauvage; S.: Frais en infusion est bon pour les intestins

 

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Fougère de murs (?) :

 

Ses racines se sucent et sont gorgées d'eau.

 

DSC_1140.JPG

(nombrils de Vénus / Potè)

 

Ces premiers exemples semblent issus de connaissances empiriques. En revanche ce qui suit semble plutôt tenir de la magie :

 

Les « vers ».

Dans les départements de Loire-Atlantique et du Morbihan il existe une crainte (encore bien vivante) assez bizarre contre des « vers » qui vivraient dans le corps (surtout des enfants) et seraient vivifiés par les pleines lunes. On leurs attribue toutes sortes de maux (du mauvais rêve au mal de tête). Contre cela, les jours à risque, on mettait des colliers d'ails aux enfants. On pouvait aussi mettre l'enfant pieds nus sur la pierre en granit du seuil (cherdru) de la maison, cela faisait « déscendre les vers » (vécu dans les années 60)

 

 

Plantes protecrices sur maisons et écuries.

Le faux houx (gallo : fragonette, frigonasse):

Se pend dans les écuries (tài) pour que les bêtes ne tombent pas malades.

Le gui a le même usage, on l'accrochait aussi aux portes vers Noël, pour porter chance.

La cendre de la buche de Noël (buche énorme qui devait brûler toute la nuit de Noël) était jetée dans le foyer pour prévenir de la foudre (S)

 

Autres :

La "cendre de gris" (braise), lorsque mise dans le cidre rendait les gens fous

Le sapin étant rare en Bretagne, un jeune houx servait d'arbre de Noël (Plessé)

 

 

Le lapin la fièvre et les convulsions :

 

Ici pas de plante, donc « hors sujet », mais la pratique est si bizarre que je ne résiste pas à la partager. Toujours dans le même secteur, lorsqu'un bébé était pris de forte fièvre avec convulsions on dépiautait un lapin et l'on enveloppait l'enfant dans la peau fraichement coupée.

Cette pratique semble (à mon humble avis) se rattacher aux rituels généralement bizarres contre l'épilepsie (le hao-ma  en gallo) qui était compris comme une sorte de possession.


(S) : Même procédé contre la pneumonie à Soulvache, le lapin était dépiauté vivant, on l'appliquait côté peau sur les enfants commes les adultes.

 

(S) : Certaines personnes étaient connues pour leurs connaissances botaniques comme à Soulvache où une vielle femme qui vivait isolée était connue pour ses onguents. Ces pratiques lui ont valu une réputation de sorcière selon certains.

 

1) Gérard Debuigne et François Couplan, Petit Larousse des Plantes Médicinales, Larousse 2009

 

En savoir plus :

La Liett

Flora Armorica

 

Lamour Pascal, La medecine populaire a Sarzeau, histoire des plantes dans la presqu'île de Rhuys, imprimerie générale, Bannalec 1984

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Published by Seoc - dans Société
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