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Dans ce blog vous trouverez des informations sur l'histoire, les langues, et les traditions orales du Nord-Ouest du pays nantais.

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Le dessous des cartes 2

Il y a quelque temps, nous avons exploré la toponymie en utilisant un nouvel outil assez ludique : Topomine.

Cette fois-ci, nous allons nous pencher sur les noms de famille en utilisant un outil du site Geneanet qui permet de cartographier les noms de famille selon la date choisie.

Comme les toponymes ou les surnoms, les noms de famille constituent de bons indicateurs des langues vernaculaires, en voici un choix (avec comme chronologie : avant 1700).

Dans un premier temps, nous nous pencherons sur des noms de famille venant du breton, puis du gallo (and co.).

1) Noms bretons

 

Judic :

Les noms de famille peuvent être regroupés en plusieurs catégories : les sobriquets et les noms de métiers représentent les plus récents, tandis que les noms d'hommes et de lieux sont les plus anciens. "Judic" appartient à la seconde catégorie, étant un ancien nom breton "Iudic" signifiant "petit (-ic) prince (iud)".

 

 

 

 

 

 

Iudichael = Noble petit prince

 Si le premier est rare et limité au pays de Coislin. Les dérivés de l'ancien nom d'homme Iudichael sont nombreux : 

 

 

 

 

 

Gicquel

 

 

 

 

Gicqueau 

 

 

 

 

 

Yviquel

 

Rialland :

 

 

 

 

 

 

 

Rialland est vraiment très nantais ! Il s'agit d'une forme du prénom breton Riwallon (Roi valeureux) 

 

Jarno ou Jarnou ?

Dans le pays nantais, on trouve des familles Jarnou et Jarno. Les deux noms dérivent du vieux breton "iarn" (fer) et du suffixe "-(i)où", qui peut être un diminutif ou exprimer une filiation (de la ligné du Fer). Ce suffixe est souvent associé à d'anciens anthroponymes : Evenno, Anezo, Oliero, Cadou, Cario, Cariou, Jarnigo, etc. De manière surprenante, ce suffixe "-(i)où" a donné naissance à des noms de famille (et de lieux) se terminant en "-ou" dans le Finistère, l'ouest des Côtes-d'Armor, puis dans l'extrême-est de la Haute-Bretagne. Les noms se terminant en "-o" se trouvent quant à eux entre ces deux régions : Vannetais, Gouëlo, ainsi que dans une bonne partie de l'ouest de la Haute-Bretagne.

les Jarno

 

 

 

 

 

 

 

Anezo : un matronyme

Il s’agit également d’un nom indiquant une filiation, mais cette fois-ci en lien avec une femme : Anezoù, signifiant "descendant d’Agnès". Pour des raisons X ou Y (fille mère par exemple), des femmes pouvaient parfois transmettre leur nom, à l'origine de ces quelques matronymes. 

 

 

 

 

 

 

 

Legoff :

Celui-ci est un nom de famille breton plus récent. Du moyen-breton Goff (forgeron), les noms de métiers et les surnoms se cristallisent comme noms de famille à la fin du Moyen-Age. La carte des Legoff concerne donc les zones bretonnantes plus tardivement, à partir du XIVe siècle.

 

 

 

 

 

 

Mabédat

Celui-ci est rare, mais rigolo. Mabédat, c'est-à-dire Mab-e-dad = le fils de son père. Le nid des fils de leur père se trouve vers Saint-Dolay.

 

 

 

 

 

 

Le Bihen

Le nom Le Bihen (le petit) est bien-sûr une variante du nom Le Bihan. Ce nom conserve la prononciation locale de ce mot dans le pays guérandais.

 

 

 

 

 

 


2) Noms de familles romans

 

Jaunais :

 

 

 

 

 

 

Un nom rare pour commencer qui trouve son origine dans le mot gallo pour "ajoncs".

Lagrée :

 

 

 

 

 

Lagrée et ses variantes sont beaucoup plus courants et sont également formés à partir d’un nom de lieu : la Grée (la colline).

Delanoë :

 

 

 

 

 

 

Le gallo faisant partie du continuum linguistique gallo-roman, la plupart des noms de famille se retrouve également dans d'autres régions, surtout dans le nord-ouest de cet espace linguistique. Par exemple, le terme noë/ noue (signifiant "prairie marécageuse") à l’origine du nom Delanoë, est présent en Haute-Bretagne, en Mayenne, en Normandie, etc. La majorité des noms de famille du pays nantais s’inscrit donc dans ce continuum gallo-roman.

 

Leparoux :

 

 

 

 

 

 

Certains noms de famille ont fixé une prononciation locale gallèse comme Leparoux qui répond au nom Lepareur fréquent en Normandie, du verbe "parer". Plusieurs sens sont envisageables : équarrisseur, sarcleur ou même "Celui qui donne le dernier apprêt à quelque chose" selon le contexte et l'époque.

 

Leray :

Leray garde en mémoire l'ancien mot gallo pour "roi", aujourd'hui en grande partie oublié et remplacé par le mot français "roi" ou "roué". Les langues de Bretagne ont ainsi toutes perdu leur mot indigène pour "roi" au cours du Moyen Âge, à mesure que le pouvoir du roi de France s'installait et se consolidait.

 

 

 

 

 

 

Pouvreau :

Les noms de famille indiquent généralement une origine, qu’elle soit géographique ou liée à une filiation. Dans le domaine poitevin-saintongeais, ainsi que dans ses marges, les noms en -eau précisent une filiation. Ce type de nom est très présent dans le pays nantais : Rousseau, Grosseau, etc. Surtout au sud de la Loire. Ici, Pouvreau désigne les descendants du "pauvre" (pouvre).

 

 

 

 

 

 

 

 

Lecleve :

 

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