Dans ce blog vous trouverez des informations sur l'histoire, les langues, et les traditions orales du Nord-Ouest du pays nantais.
« Patois vocabulaire de Blain » recueilli par Marguerite et Marie Parageau de la Thiollais.
C’est une belle surprise que nous a faite Dastum grâce à Jean Ruaud ! Sur leur site, vous pouvez désormais consulter les collectes de Marie et Marguerite Parageau effectuée dans les années 60 à Blain, avec l'aide du pharmacien Jean Doucet. Elles étaient originaires du village de la Thiollais. En plus du cahier, vous pouvez écouter des histoires en gallo et la prononciation des mots (plus de 9h d’écoute d’excellente qualité). « Prononciation du patois de Blain ».
Pour en savoir plus : http://www.dastumedia.bzh/dyn/portal/index.seam?aloId=328628&page=alo&cid=950
Pour vous donner envie de découvrir le travail des sœurs Parageau, voici quelques petites choses que j’ai relevé dans ce corpus :
1) L’accentuation
Les sœurs Parageau ont souligné les syllabes qu’elles qualifient « d’accentuées ». Ce qui peut sembler étonnant dans ce domaine linguistique. En fait, il s’agit des diphtongues « aw » « ew » "ey" et « anw ».
Parfois, deux prononciations sont données : pré se dit « preu » ou « preuille ». Selon le tempo ou la place dans la phrase. De même pour la « claie » qui se dit « clà » ou « sià ». Ce sont des données précieuses.
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2) Jeu d’enfant
Réponse à un vieux mystère, j’avais entendu « pivaïgoute » pour le jeu de Colin Maillard à Plessé. Dans ce lexique on peut lire : Pibole / Pie borgne = Jeu d’enfant. Le « pivaïgoute » plesséen est donc un « pie vaï goutte » (pie voit goutte).
3) Gallo ?
Parfois, la frontière entre gallo et « patoiserie » n’est pas claire. On peut ainsi lire "moi se dit maï ou mouè ». En fait « mouè » n’est pas du gallo et ne se dit pas en Haute-Bretagne, c’est une « patoiserie », c’est-à-dire l’invention d’une prononciation rustique pour se moquer mais qui n’existe pas.
4) Bouvron
Marie et Marguerite ont fait des parallèles avec d’autres parlers, comme celui de Bouvron. À Bouvron « soulier » se dit « soulaï » comme le « soleil ». D’où un petit vire-langue :
« Va donc m’cri mé soulaï
Qui seuchent au soulaï
Dans l’soulier »
(va donc me quérir mes souliers qui sèchent au soleil dans le grenier)
5) Quelques exemples
Peuchalaï = Peu m’importe
Ormouére = Armoire
Orseau = Vaisseau, vase
Mitau = Galette trempée dans du cidre chaud
Phronmacien = Pharmacien
Pidchien = Champignon
Quique = Mauvaise viande
Fratrés = Coiffeur
Mouman et Peupa = Maman et Papa
Ioque = Canine
Les enregistrements sont aussi précieux. Il témoignent de la vie d'autrefois à Blain. On y parle par-exemple des saisons, ou des fameux "boisiers", c'est à dire ceux et celles qui vivaient dans des huttes dans la forêt du Gâvre (charbonniers, bucherons, ...) et qui avaient du mal à parler autre chose que "patois" quand ils arrivaient dans le bourg de Blain.