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Dans ce blog vous trouverez des informations sur l'histoire, les langues, et les traditions orales du Nord-Ouest du pays nantais.

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Ankou en pays nantais… he’s back

Ankou en pays nantais… he’s back
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On en avait parlé il y a fort longtemps (ici , il y a 10 ans ! pff j'avais encore mes grosses joues de queniau !). Dans ses légendes bretonnes du pays d’Avessac (1882) le marquis de l’Estourbeillon mentionne une phrase en gallo :

"Qui donc viendra meshui me répondre à la messe ? Jadis dans quel endret, y avait dou peuple en grande foule ; la désolation et l'ankou (1) regnant partout meshui"."

(1) note de bas de page : Ankou, la mort, vieux mot breton conservé dans le patois du pays.

Très bien, mais je pensais que cette utilisation du mot breton en gallo était un « hapax » (c-a-d un mot qui n’apparaît qu’une fois, une sorte d’ovni du vocabulaire). Jusqu’à ce que je tombe sur cet article de Ouest Éclair de 1934 où le mot « ancou » est cité dans une liste de mots « nantais » avec le sens de « malheur » ce qui nous permet de mieux comprendre la phrase de l’Estourbeillon : « la désolation et le malheur régnant partout ».

Source : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k625635v/f5.image.r=ancou

 

Petit plus : Les noms de famille Nancau ou Nencau ont existés sur la côte guérandaise. Il s'agit de "an Ankoù".
 

Image : le Mirouer de la Mort

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J
Si la citation de l’Estourbeillon est fidèle au parler local, cela suppose que "quel" (< *eccu ille ?), un démonstratif d'un type poitevin qu'on ne trouve aujourd'hui que rive gauche de la Loire, s'employait beaucoup plus loin au nord.
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M
Effectivement, difficile de trancher comme ça. Je ne l'ai jamais entendu aujourd'hui, mais au 19e siècle, qui sait...
P
Je m'écarte sans doute du sujet, mais les hapax ne sont pas à rejeter dans la mesure où on peut retrouver l'origine. Je pense à "frroumiabl" dans la Presqu'ile Guérandaise du 17/12/39 : il poussit un couac froumiabl. La première syllabe est à rapprocher de celle de froumaije (ou fourmaije) pour "fromage". Dans la seconde (-iabl), on a l'amuissement du -d- intervocalique très fréquent en gallo. On retrouve ainsi "formidable" : c'est formidable, non ? <br /> On peut donc traduire : il poussa un couac formidable.
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P
S'il dit que le terme "ancou" (ou ankou) état conservé dans le patois du pays (sic), je pense que ça donne quand même du crédit à ce qu'il avance.<br /> Par chez moi (frontière linguistique dans le Morbihan), les bretonnants parlaient d'une personne très maigre comme d'un ankou, en gros, un squelette ambulant.<br /> Pour "formidable", on a cette étymologie : 1392 « qui inspire la crainte » (Philippe de Mézières, Testament ds Z. rom. Philol. t. 95, p. 613 note 7); 1826 « extraordinaire, sensationnel » (Balzac, Physiol. mar., p. 123). Empr. au lat. class. formidabilis « redoutable, terrible » (source : CNRTL). Visiblement, le mot n'était pas très attesté, mais néanmoins connu.
M
Formidable effectivement :) ! Ce mot se prononcerait donc en trois syllabes en théorie ? Frou-mi-abl. Je me méfiais un peu de cet "ancou" sous la plume de l’Estourbeillon, celtomane notoire, il y a "hapax" et "hapax"