Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
16 avril 2012 1 16 /04 /avril /2012 15:19

Et voici le tour de Plessé d'avoir une carte en gallo.

L'écriture est inspirée de celle de Chubri encore (1). Je propose sous la carte un choix de noms de lieux et de leurs éthymologies (ouvertes au débat bien évidemment). Entre parenthèse je mettrai la prononciation gallaise.

 

piése-copie-1

(Cliquez pour agrendir)

 

Le gallo de Plessé est typique du nord-ouest du pays nantais, et se rattache aux dialectes gallos de l'ouest (avec ceux du Morbihan). L'Isac fait la différence entre la prononciation en "eo" et "iao". Ainsi à Plessé ont dit "de l'iao" (de l'eau) et à Guenrouët de 'l'eo". Autre particularité, la prononciation de certains mots en "ou" en "ɛɥ" comme le montre la prononciation pour "le Cougou" : /køgɛɥ/, la consomne finale est parfois durcie "gaboraj"/"gaborach". Cet traits phonétiques ne se trouvent qu'à proximité de la limite linguistique avec la langue bretonne. 

 

Plessé : (Piéseu): Toponyme breton, de Pleb-Sei, cf article sur l'histoire du château de Sei et de ce nom. On retrouve Sei, un nom d'homme, dans les villages de Lansé (Lanse) "l'église de Sei" et Tressé (Trése) Le "village de Sei" en breton . De par son nom et sa localisation, Plessé est un "plouef" typique.

 

Souraudais, Hamonais, Guiguenais:  noms de lieux gallos, formés à partir du nom du propriétaire : Souraud, Hamon, Guinguené (?).

 

La grande Noë: (la granwde nou): Une noë, est une prairie inondable en gallo ou un ruisseau. Très fréquent en haute Bretagne.

 

Le Dresny : (Deurni) (noté "Drenic" en 1557): Formé à partir du breton "Draen" (épine), c'est donc l'équivalent breton de "l'Epinaie" (épinaï). Les deux langues ayant été parlées sur le même territoire, les doublets sont courants(2).

 

Rouzay: (Rouzè) (noté Rosel en 1332), sans doute à partir du gallo "rouziao" (roseaux). "Le lieu aux roseaux" donc. Autre possibilité, à partir du breton "Roz" (tertre, tumulus), selon G. Buron "Le Rosais" en Piriac pourrait venir du breton "Rozeg" (le lieu au tertre) hors un tumulus existe dans notre village plésséen (3).

 

Catelroc, Castel, Châtelier...: Les châteaux sont nombreux dans la communes, d'où la belle brochette de noms de lieux en rapport avec eux.

 

Carheil: Le premier élement semble breton "Car" (fortification), le second est encore mysterieux. Un autre"Careil" existe aussi à Guérande ainsi qu'à Iffendic. C'était le nom à la fois de la famille noble du lieu et du pays qui s'étale des deux côtés de l'Isac. Ce dernier sera rattaché au Coislin au 17ème siècle. Une des prononciation ancienne était plus "bretonne": Cerheil (1815), les autres : Kareye 1419, Karhel 1448, Karheil 1462, Karhel 1481, Karheill 1494. (Hervé Tremblay)

Carheilskoed.jpg

(blason de Carheil selon l'armorial de Bretagne,cf note)

 

 

Le Coudray : (L'Coudraï): le lieu planté de coudriers.

 

Trémar, Trélan, Trégouët (Trémâ, Teurlanw, Teroué): noms bretons formés à partir de "tré" (village) : Tremar:le  village de Marc'h, Trelann : le vilage du "lann", Tregoed : le village du bois. Sans surprise les noms en "couët" sont courant dans les environs : Couëtmeleuc, Couëtmeur...

 

Landron:

->Edition : "Landron"; Il y a de bonne chance pour que ce soit un nom d'homme. Landron est une forme du prénom "André".

 

Calan: (Calanw), que l'on retrouve dans le Morbihan (Calan), semble venir d'un nom d'homme breton quelque peu béliqueux Kalan ("au moults combats"). Hervé Tremblay propose lui une autre éthymologie : Kall-lann, la lande des roches ou "Kad-lann" la lande de la bataille.

 

Lavrac : (Lavra) toponyme ancien puisque gaulois, de *Lavariacon (4), le domaine de Lavaros (le "hableur" cf breton "lavarout" : parler). Il y avait à Plessé un Labarsac (Labarezac 1557), peut être de même éthymologie ?. En gallo les "-ac" gaulois deviennent "-a". En revanche pour les noms en "-iac" c'est une autre affaire, un même locuteur n'hésitera pas à dire à la fois Derfé, Dréfeu, Dréfé pour Dréfféac (*Derviacon, "le lieu aux chênes"), ou Fegré/Fégeria...(5)

 

Guelly : (Gheli) autrefois écrit "Guelic" (1557), deux possibilités à ce toponyme : De "kell", qui désigne les prunes sauvages, ou de son homonyme "kell", les rochers. A noter le village de Treguély en Guemené-Penfao semble porter le même élement

 

Toulan : (Toulàn) du breton "toull", trou, creux,, le terme correspond bien à la géographie du lieu (une vallée)

 

Grand Soeuvre : H. Tremblay propose d'y voir un nom roman venant du latin Sylva (forêt). Cependant X. Delamarre (7) montre la récurrence de la souche hydronymique pré-romane*Sab(r-) qui a donné la Sèvre par exemple hors notre village se trouve au bord d'une rivière, Soeuvre pourrait ainsi être l'antique nom de la dite rivière.

 

 

--------

 

 

1) http://www.chubri.org/

2) Selon J.Y.Le Moing, 24,20% des toponymes de Plessé sont bretons, et se trouve donc en plein dans la zone "mixte" ou "médiane". (à titre d'exemple comparable: Ploërmel (23,20%)). Selon les chartres de l'abbaye de Redon, Plessé semble en (très) grande majorité bretonnante au haut moyen-age. Selon la toponymie on peu penser que le gallo sera bel et bien majoritaire dès le milieu du bas Moyen-age.

3) Pour en savoir plus sur l'étymologie du Rosais en Piriac : ici

     Pour en savoir plus sur le tumulus de Rouzay en Pléssé : ici.

4) Delamarre, Noms de lieux celtiques de l'Euripe ancienne. édition errance 2012

5) Cette diversité de noms est peut être le reste de registres de langues perdus comme c'est le cas sur la presqu'île guérandaise, où une commune peu avoir plusieurs noms gallos : Prenons l'exemple du Pouliguen où est attesté la prononciation "Pouligen", romane. Et celle plus bretonne mais considérée comme de registre peu élevé : Pouligènn. De même à Saillé, où une prononciation bretonne existait et devait être en compétition: Selag... Les exemples pourraient se multiplier. Malheureusement les linguistiques n'ont pas toujours été bien informés de cette pluralité de forme et ont parfois tirés des conclusions attives à partir d'une seule d'entre elles, alors que les autres, en fait, les contredisent...c'est ti ingrat !

-> A propos du blason de Carheil, normalement les corneilles volent : D'argent, à deux corneilles essorées, affrontées de sable, membrées d'or, une molette de sable en pointe. La devise de Carheil est "Potius mori quam foedari", "plutôt la mort que la souillure" qui est ni plus ni moins que la devise de la Bretagne.

7)Delamarre Xavier, Noms de lieux celtiques de l'Europe ancienne, édition errance, 2012, p 224.

IMG 2394

(Vers Toulan)

 

En savoir plus sur la toponymie du pays de Carheil :

Tremblay Hervé, Noms de lieux et itinéraires anciens en Loire Atlantique, Goubault imprimeur, 1996

 

édition : 12/03/2013

Repost 0
Published by Seoc - dans Gallo
commenter cet article
4 avril 2012 3 04 /04 /avril /2012 08:22

Voici un rapide article présentant une carte de la commune de Sion et quelques uns de ses toponymes en gallo(1), une éthymologie sera proposée pour certains d'entre eux.

 

 

sion

(Cliquez pour agrandir)

 

 

Sion : le nom de la commune, qui a plusieurs homonymes; le mot viens très probablement comme ses homonymes du gaulois "Seg-dunon" la "forteresse puissante". D'anciens Seg-dunon existent en France, Suisse, Espagne, Grande-Bretagne....(2).

Formes anciennes : Syun (1248), Soyon (1287).

 

Roberdâ, Morinâ, Grandâ..:  La ferme de.. Robert, Morin, et LeGrand. Les "-ais" français donnent "-â" en gallo.

 

L'Châtelie: Toponyme roman courant et apprécié des archéologues, il indique une ancienne place forte,  le site semble d'ailleurs parfait pour une ancienne forteresse (le fameux "Seg-dunon" ?), il surplombe la Chère sur une hauteur en forme d'ongle.

 

Transs : Sans doute du latin "Trans", "de l'autre côté".

 

Touzé : Paradoxalement pour une forêt, "Touzé" signifie "rasé" en gallo. C'est aussi un nom de famille courant, il y a des chances pour que ce soit plutôt le nom d'un ancien propriétaire des bois.

 

Limell : Sans doute du gaulois "Lemo-ialon", "la clairière des ormes". Toponymes là encore fréquent (Limeil, Limeuil..)

Edition : Nous avons une autre proposition d'éthymologie proposée par Dewi dans les commentaires :

"Limele qui correspondrait pour ma part plutôt à un toponyme breton formé avec le préfixe "lis" (cour, résidence d'un tiern/chef) et peut-être d'un nom de personne "Mael". Ou pour une fonction qui est la signification de Mael à savoir "prince" ou "chef". La traduction pourrait être donc: "la cour du prince". Etymologie qui pourrait se trouver confirmée par le toponyme "la cour de Limele" situé en contrebas du village. La "cour" étant la continuité des "lis" en pays gallo après la perte du breton. A savoir que sous l'ancien régime cette "cour de Limele" était une terre noble et que jadis il y avait une motte féodale. De plus, la tradition populaire a gardé qu'il y avait dans le temps "un seigneur à la cour" (de Limele)."

-> hypothèse appuyée par le toponyme "Tremel" (Tre-Mael, village du prince) non loin dans la commune d'Erbray.

 

Qheneu: Du breton "kenec'h", "mont". Les noms de lieux d'origine bretonne ne sont pas très nombreux à Sion. Ils représentent 6,10% des toponymes de la communes (3). Le bilinguisme à du y être précoce.

 

 

------

1) : Ecriture: Chubri : http://www.chubri.org/

2) : Delamarre, Dictionnaire de la langue gauloise, édition errance. 2008

    Delamarre, Noms de lieux celtiques de l'Euripe ancienne. édition errance 2012

3)  Jean-Yves Le Moing Noms de lieux bretons de Haute Bretagne. Coop Breizh. Pour donner une ville connue avec à peu près le même pourcentage: Cancale (35) :5, 70%

Repost 0
Published by Seoc - dans Gallo
commenter cet article
8 juillet 2011 5 08 /07 /juillet /2011 12:27

 

 

Voici un deuxième volet de nos aventures gallèses, langue trop souvent mise de côté alors qu'elles renferme bien des trésors; nous avons déja vu que comme la toponymie elle garde des souvenirs oraux des gens et de leurs langues qui l'ont précédée; dans notre région le substrat est double : gaulois et breton. Deux langues celtiques, ce qui pose un serieux problème, comment savoir si un mot viens d'une des deux langues. Il y a bien une méthode : le substrat gaulois est présent dans tout le domaine d'Oïl (et plus loin), ainsi si un mot est connus dans une autre de ces langues, il y a des chances que ce soit un mot gaulois (même si l'ont est pas à l'abris des méchants hasards).

Nous avons déja vus cela dans l'article sur la langue bretonne (1).

 

Cet article sera une occasion parfaite pour réviser un peu son Histoire, et découvrir des termes d'autres l'angues d'Oïl,d' Occitan, ou encore d'Arpitan.

 

Ces mots sont precieux, car les gaulois, vous le savez sans doute, «n'écrivaient pas», en réalité, ils écrivaient peu, et c'est bien notre chance, car des textes écrit dans cette langue sont découverts de temps en temps. Le pays entre Loire et Vilaine fournis un bon contrepied, ainsi à la butte du Bro à Fégréac en 1887 a été découverte pendant les travaux du chemin de fer reliant Nantes à Brest la statuette d'une déesse sans tête, entourée de symboles bien connus dans la religion de ces peuples (berniques et rouelles). Et surtout une inscription, une dédicace à l'arrière : «REXTVGENOS SVLLIAS AVVOT»; Rextugenos est un prénom formé de Rext : droit ( cf breton : reizh) et de Genos : famille (cf vbreton: gen); Sullias : nom au génétif, «bonne vue» (directement comparable au prénom breton «Hoel»); Avvot : à fabriqué : «Rextugenos fils de Sulli- a fabriqué» (2).

 

venus_de_rextugenos_g.jpg

(statuette d'une déesse sans tête trouvée à Fégréac et portant une inscription en gaulois sur le revers)

 

Il est difficile de dire quand est ce que le gaulois a disparus, il y a encore des indices de sa présence au V / VIème siècle et puis plus rien, ainsi les parents de Grégoire de Tours (mort à la fin du VIème siècle) savaient le gaulois, au Vème l'évêque de Clermont Ferrand se félicite que la noblesse arverne abandonne l'usage du gaulois pour le latin. Il est plus que probable que l'usage de la langue est continuée dans les sphères populaires de la société dans les régions peu romanisées mais nous ne pouvons pas le prouver; en tout cas l'évengélisation des campagnes a certainement été le coup de grâce du gaulois et plus généralement des langues celtiques continentales en donnant une nouvelle légétimité à la langue latine.

 

Dans ce qui sera la Bretagne le gaulois s'est confondus avec le vieux breton (3)(on ne sait pas dans qu'elle mesure, le débat est en cours) dans les zones où ils étaient implantés (notamment entre Loire et Vilaine); dans les zones de l'Est les populations passèrent aux langues romanes dont le gallo sera issus. A la fin de l'empire romain, au tournant du haut moyen age, trois langues étaient donc parlées dans l'actuel département : le bas latin ancêtre du gallo, le brittonique ancêtre du breton et le gaulois. Elles se sont toutes les trois influencées, c'est le propos de cet article du point de vue gallo :

 

Je n'ai pas cité les mots communs au français et au gallo, entre parenthèse les équivalents en breton et dans les autres langue romanes de France(4). La liste est loin d'être exhaustive puisque environs 8% du vocabulaire serait d'origine gauloise (5)...

 

Abavent: volet, gaulois «ande-banno»=pointe en avant

Abron: sein, gaulois «bronn-» =sein (bre: bronn), (connus dans tout l'Ouest)

Ancraoudë : ensorceler , gaulois «caragios»=sorcier (connus en Franche-Comté et Poitou)

Bloce : prunelle sauvage, gaulois : «*bulluca», (bre : bolos). (connus dans l'Ouest, et le Nord-Est)

Balay : genêt, gaulois: «*balatno»=genêt (bre : banal, balan) (a donné le nom du «balai» en français)

Barvatië: peut-être du gaulois marais : «*berura» (vbre: beror)

Belou : paysan, rustre. Tout comme le mot "paysan", ce mot est dut à la réputation païenne des ruraux, formé à partir du nom de dieu gaulois "Belen" et suffixe gallo "-ou", devenus l'archétype du dieu païen au début du Moyen Age avec Diana (6); en ce sens ce n'est peut être pas un mot strictement d'origine gauloise mais peut être une création médiévale. Le nom de ce Dieu à servit pour nombre de dénominations négatives, comme le "belin" occitan (sorcier), c'est une origine probable au mot breton obscure : Beleg (prêtre).

Braitë : vanter, gaulois : "bratu-" plaidoyer (bret : breutaat : plaidoyer)

Bray: pantalon, gaulois «braca» (bre: bragez) (a donné «braies» en français, les gaulois étaient réputés pour leurs pantalons).

Bëy: ventre, gaulois «bolga» (bret : bolc'h)

Bogue: coque, aussi du gaulois "bolga" (bret : bolc'h), connus dans tout l'ouest.

Bourrië: saleté (gaulois «*borua»)

Brin: sciure de bois, gaulois «*brenno» (bret : brenn) (connus partout)

Bwinë: donner des coups de cornes, gaulois «*banno-» (corne) (connus le long de la Loire et du Rhône)

Caté/cont/cantë/cati : avec, gaulois «canti-»/»canto-» (bret: gant/get) (7)

Chohon: hibou, gaulois «cauannos» (bret: kohann/kaouenn) (présent un peu partout, a donné les mots français : chat-huant par éthymologie populaire et «chouan»).
Dal: faux, gaulois «del-» ( connus surtout au Sud de la Loire)

Erusë: enlever l'écorce, gaulois «rusca» écorce (bret: rusk) (a donné le mot «ruche» en français, les anciennes ruches étaient faites en écorce

Gâpas: rejets de balles de blé, gaulois «*uaspa» (br: gwaspel)

Garè: fusain, arbuste; gaulois «*garra»: patte (br: garr : jambe/ garrenn: tige de plante)

Gërwa : pierrailles, tout comme "gërwel" (gravelles), "grëy" (colline) et bien d'autres, le mot vient du gaulois"graua" (sable, gravier), qui a donné les mot français gravier, grève, groue.. les correspondants bretons son "grae", "gro", (cailloux de rivière)"grav" (côte, colline)... Il est possible que le mot gallo "grô" (glace) et ses dérivés dérivent du même mot, la glace étant de l'eau solide.

Gorr : truie, comme le mot "Gorret", ce mot viendrait du celtique *gor(v)os= cochon.

Gorwë : couver les poussins, gaulois «*grodo-» (br : goriñ) (connus le long de la Loire, le long du Rhône et une partie de la Lorraine)

Jotte: bouillie, gaulois : «jotta» (br: yod) (connus dans les langues d'oïls, arpitan et dans le domaine gallo-italique)

Queniaw: enfant, gaulois «canauos»: jeune guerrier (vbr: ceneu)

Nâche: lien, gaulois «*nasca» (br: nask) (connus dans l'Ouest)

Noue: prairie inondable «*nauda»

Soue: abrit des cochon «*suteg» maison des cochons (br : hoc'h+ti)

Tach: clou, gaulois tasco-, (br: tach) (connus jusqu'en Espagne)

Vouj : grosse serpe, gaulois *vidubion "serpe à long manche"

 

 

 

1)http://mitaw.over-blog.com/article-sur-les-traces-de-la-langue-bretonne-en-loire-atlantique-76311240.html

2)Delamarre, Dictionnaire de la langue gauloise, édition errance. 2008

3) Le département de Loire Atlantique détient des traces d'échanges entre gaulois et breton, ainsi, le nom de la commune d'Héric (autrefois "Iheric"), et de la rivière Isac (autrefois "Isar"), le nom de cette segonde provient du gaulois "isara" ("impétueuse"/"vigoureuse") et pour le premier d' "isaracon" (domaine de l'Isar), (l'une des différences entre gaulois et brittonique est la prononciation du "s" qui se prononce "h" par les seconds): la prononciation du noms de lieux en référence à la dite rivière a donc été "bretonnisé" isaracon->iharacon; qui donnera Iheric et enfin Heric. La rivière, comme c'est souvent le cas, gardera, elle, le nom original.

4) Nombreux exemples trouvés dans : J. Lacroix, les noms d'origines gauloise; la Gaule des activités économiques, éditions errance, 2005

5)Claude Capelle, Le gallo et les langues celtiques, Institut culturel de Bretagne 1988

6) Un exemple médiéval parmi d'autre, dans le "Roman de la rose "(13ème siècle) un passage de mis en garde envers les femmes soit disantes enclines à toutes sortes de sorcelleries, et aux sciences de "Belenus" :

"Mais gart qu'ele ne soit si sote

Pour riens que clerc ne lay li note

que jà riens d'enchantement croie

ne sorcerie, ne charmoie

ne Belenus, ne sa science

ne Magique, ne nigromance"

7) Leon Fleuriot, l'expression quant et moi "avec moi" et le celtique cantos (bord), canta (à côté, avec) cantimi (avec moi), The Bulletin of the Board of Celtic Studies t.27, 1977.

 

Dernière édition de l'article : 18 Novembre 2011

Repost 0
Published by Seoc - dans Gallo
commenter cet article
24 novembre 2009 2 24 /11 /novembre /2009 12:51

 

 

Si vous habitez quelque part en Haute Bretagne (Loire-Atlantique, Ile et Vilaine, Est des côtes d'Armor et du Morbihan) vous avez forcément entendus ne serait-ce des mots de cette langue.

Le mot « gallo » est rarement utilisé par ses locuteurs, qui utilisent le mot « patois », mot dépréciatif si il en est.

Le mot « patois » est erroné pour le gallo, car en effet contrairement à une certaine idée le gallo n'est pas une déformation du français, nous allons voir ses origines dans cette article.

Le mot « gallo » quand à lui est formé à partir du mot breton « gall » qui signifie « français » ou « étranger », en réalité à l'origine n'importe quel individu plutôt belliqueux ne parlant pas breton. Le « o » ou « ou » final est un diminutif. Le gallo est donc un breton ne parlant pas breton.

 

Bref, c'est un peu une langue et une culture ayant le « cul entre deux chaises » vous l'aurez compris, pas « assez » breton pour les uns, pas « assez » français pour les autres, cependant le gallo n'est pas encore mort et enterré, au contraire, sa proximité avec le français lui donne lui donne deux avantages : la facilité d'apprentissage, mais aussi du fait que le gallo s'imbrique dans le français dit « régional » (n'avez vous jamais dit un mot qui s'est avéré incompréhensible pour votre interlocuteur marseillais ou parisien ?), eh oui si vous aussi vous ne comprenez pas pourquoi word souligne en rouge les « ramasses bourriers », les « chë dans le mitan de la piass », les « cariquelles », les rigados, ou que vous disiez « co » ou « go » en montrant le pouce dans la cour de récré et que vous allez jeter des vieux truc à la « jaille »... alors cet article est pour vous !


 

(ferme de Kerlo en Saint Lyphard)

 

L'histoire du gallo,

 

C'est ce sacré César qui en est à l'origine, en décidant d'incorporer la Gaule dans son Empire.

Le gallo est donc une langue latine (comme l'italien, l'espagnol, le français et toutes les langues d'oïl, occitan, franco-provençal, portugais, roumain...), la grande majorité de sa grammaire et de son vocabulaire en est issus,

: oui ( du latin « verum » =vrai), chë: tomber (latin : « cadere »=tomber), avette: abeille (latin « apis »), grôlle: corbeau (latin « gracula)....

Empire qui peu à peu effacera la culture et la langue locale (le gaulois ), un substrat gaulois restera dans les parlers latins des populations autrefois celtiques, dans le cas du gallo citons : abroonë: allaiter (gaulois « bronnio- »=sein), balay: genêt (gaulois : « balanno- »), tach : clou (gaulois *tasc-), chohon : chouette (gaulois : « cauanos ») et le fameux bourrier du gaulois *borua qui a donné beaucoup de mots français aussi... Le gaulois étant une langue de la même famille que le breton il n'est pas toujours aisé de savoir à coup sûr si tel ou tel mot est breton ou gaulois (ainsi pour les exemples si dessus, nous avons les équivalents bretons : bronn : sein, balann : genêt, kohann : chouette, tach: clou).

 

Après les gaulois, les latins, voilà les invasions dites « barbares », et leurs peuplades germaniques qui prendront le pouvoir sur de vastes royaumes, notre régions sera l'enjeu d'une longue guerre entre francs et bretons (il ne faut pas oublié qu'à l'époque la langue bretonne était alors parlée par la majorité des habitants du Nord-Ouest du pays nantais). Le gallo empruntera ainsi un certains nombre de mots germaniques : haricotë: ne rien faire (du germ. :*hariôn), ou hariâ : fatras ( germ: hariôn), fangë :gratter la terre ( germ : fania: boue), enheudé : embarrassé (germ. helt: entrave), et il y aura une longue mode dans la région de porter des noms ou prénoms germaniques. Ainsi le fameux comte de Nantes « Lambert » tire son nom du germanique Landberht : le « pays brillant ».


Enfin comme nous venons de le voir plus haut, la Mée au sens large (la pays entre Loire et Vilaine), est pour sa plus grande partie d'origine bretonnante, au fil des siècles, foyer après foyer, des familles on laisser la langue bretonne pour apprendre le gallo (plus prestigieux à l'époque), il est donc tout à fait normal que des mots bretons se trouvent dans le gallo de notre coin (même si pas très nombreux). Alors que les toponymes et patronymes bretons foisonnent. En voici quelques exemple : karrikell : charrette, bernig: palourde, rigado: coque (bzhg : rigadell), dërak : en face (bzhg : dirak), bëgen : ver de terre (bzhg : buzhugenn), kik : bidasse (bzhg : kig=viande), agouvrë: dot (bzhg : argouvroù)....

Il y à aussi beaucoup de tournure en commun, mais bien malin qui dira qui à copié sur qui : « met' ses chaws dans ses pieds » « lakaat e votoù en e dreid », « faire autou de ..»  « gober àr dro ubk »….

C'est cependant le gallo qui a donné le plus de vocabulaire au breton, et de loin, (gallo:chonj->bzh:soñj, gallo: bru->brezhoneg->brud,...)

 

Les traits les plus distinctifs du gallo, vous les connaissez certainement : des verbes en « er » qui deviennent « eu » (ici marqué « ë » arbitrairement): mangeu, causeu..., des « l » après consonne qui deviennent « i » : piace, des métathèses : beurouette, aréoport, des adoucissements : des gamions, des gourbeilles. Les « eau » français sont rendus par des « iaw » ou « iew » et les "ou"  finaux tres productifs : "pissou" "grignou" ect.... J'aurais l'occasion d'approfondir dans d'autres articles.

 

Enfin, il faut savoir qu'il existe un certain nombre d'associations qui défendent le gallo, et proposent des cours même si malheureusement ils sont rares en Loire Atlantique pour les raisons que vous connaissez autant que moi. Mais la meilleur façon de l'apprendre c'est encore parmi ses locuteurs

 

(le Tennou en Guémené Penfao)

 

 

Quelques ouvrages :

_Le Teinzou dou Galo (F. Lecuyer); disponible sur internet. (où vous trouverez une liste beaucoup plus complète)

_Chat d'Ecureuil et pomme d'orange; Vincent Delanoë 2003

_Le pays du pays de Bouvron, Arthur Maillard, édition Label Ln, 2009

_Pays Mitaw, Pays Breton, Yann Mikael/Ujeen Cogrel, Pihern 2010

_Le petit Mataw, Regis Auffray, Edition des scribes, 2007


Repost 0
Published by Seoc - dans Gallo
commenter cet article

Présentation

  • : Mitaw
  • Mitaw
  • : Dans ce blog vous trouverez des informations sur l'histoire, les langues, et les traditions orales du Nord-Ouest du pays nantais.
  • Contact

Plus d'infos sur notre page Facebook/ Kit d'hor pajenn Facebook da ouiet pelloc'h  : Mitaw Arblog

 

Recherche

Plus de photos sur notre Tumblr / Fotoioù ouzhpenn àr hon Tumblr :

 

Catégories