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16 avril 2012 1 16 /04 /avril /2012 15:19

Et voici le tour de Plessé d'avoir une carte en gallo.

L'écriture est inspirée de celle de Chubri encore (1). Je propose sous la carte un choix de noms de lieux et de leurs éthymologies (ouvertes au débat bien évidemment). Entre parenthèse je mettrai la prononciation gallaise.

 

piése-copie-1

(Cliquez pour agrendir)

 

Le gallo de Plessé est typique du nord-ouest du pays nantais, et se rattache aux dialectes gallos de l'ouest (avec ceux du Morbihan). L'Isac fait la différence entre la prononciation en "eo" et "iao". Ainsi à Plessé ont dit "de l'iao" (de l'eau) et à Guenrouët de 'l'eo". Autre particularité, la prononciation de certains mots en "ou" en "ɛɥ" comme le montre la prononciation pour "le Cougou" : /køgɛɥ/, la consomne finale est parfois durcie "gaboraj"/"gaborach". Cet traits phonétiques ne se trouvent qu'à proximité de la limite linguistique avec la langue bretonne. 

 

Plessé : (Piéseu): Toponyme breton, de Pleb-Sei, cf article sur l'histoire du château de Sei et de ce nom. On retrouve Sei, un nom d'homme, dans les villages de Lansé (Lanse) "l'église de Sei" et Tressé (Trése) Le "village de Sei" en breton . De par son nom et sa localisation, Plessé est un "plouef" typique.

 

Souraudais, Hamonais, Guiguenais:  noms de lieux gallos, formés à partir du nom du propriétaire : Souraud, Hamon, Guinguené (?).

 

La grande Noë: (la granwde nou): Une noë, est une prairie inondable en gallo ou un ruisseau. Très fréquent en haute Bretagne.

 

Le Dresny : (Deurni) (noté "Drenic" en 1557): Formé à partir du breton "Draen" (épine), c'est donc l'équivalent breton de "l'Epinaie" (épinaï). Les deux langues ayant été parlées sur le même territoire, les doublets sont courants(2).

 

Rouzay: (Rouzè) (noté Rosel en 1332), sans doute à partir du gallo "rouziao" (roseaux). "Le lieu aux roseaux" donc. Autre possibilité, à partir du breton "Roz" (tertre, tumulus), selon G. Buron "Le Rosais" en Piriac pourrait venir du breton "Rozeg" (le lieu au tertre) hors un tumulus existe dans notre village plésséen (3).

 

Catelroc, Castel, Châtelier...: Les châteaux sont nombreux dans la communes, d'où la belle brochette de noms de lieux en rapport avec eux.

 

Carheil: Le premier élement semble breton "Car" (fortification), le second est encore mysterieux. Un autre"Careil" existe aussi à Guérande ainsi qu'à Iffendic. C'était le nom à la fois de la famille noble du lieu et du pays qui s'étale des deux côtés de l'Isac. Ce dernier sera rattaché au Coislin au 17ème siècle. Une des prononciation ancienne était plus "bretonne": Cerheil (1815), les autres : Kareye 1419, Karhel 1448, Karheil 1462, Karhel 1481, Karheill 1494. (Hervé Tremblay)

Carheilskoed.jpg

(blason de Carheil selon l'armorial de Bretagne,cf note)

 

 

Le Coudray : (L'Coudraï): le lieu planté de coudriers.

 

Trémar, Trélan, Trégouët (Trémâ, Teurlanw, Teroué): noms bretons formés à partir de "tré" (village) : Tremar:le  village de Marc'h, Trelann : le vilage du "lann", Tregoed : le village du bois. Sans surprise les noms en "couët" sont courant dans les environs : Couëtmeleuc, Couëtmeur...

 

Landron:

->Edition : "Landron"; Il y a de bonne chance pour que ce soit un nom d'homme. Landron est une forme du prénom "André".

 

Calan: (Calanw), que l'on retrouve dans le Morbihan (Calan), semble venir d'un nom d'homme breton quelque peu béliqueux Kalan ("au moults combats"). Hervé Tremblay propose lui une autre éthymologie : Kall-lann, la lande des roches ou "Kad-lann" la lande de la bataille.

 

Lavrac : (Lavra) toponyme ancien puisque gaulois, de *Lavariacon (4), le domaine de Lavaros (le "hableur" cf breton "lavarout" : parler). Il y avait à Plessé un Labarsac (Labarezac 1557), peut être de même éthymologie ?. En gallo les "-ac" gaulois deviennent "-a". En revanche pour les noms en "-iac" c'est une autre affaire, un même locuteur n'hésitera pas à dire à la fois Derfé, Dréfeu, Dréfé pour Dréfféac (*Derviacon, "le lieu aux chênes"), ou Fegré/Fégeria...(5)

 

Guelly : (Gheli) autrefois écrit "Guelic" (1557), deux possibilités à ce toponyme : De "kell", qui désigne les prunes sauvages, ou de son homonyme "kell", les rochers. A noter le village de Treguély en Guemené-Penfao semble porter le même élement

 

Toulan : (Toulàn) du breton "toull", trou, creux,, le terme correspond bien à la géographie du lieu (une vallée)

 

Grand Soeuvre : H. Tremblay propose d'y voir un nom roman venant du latin Sylva (forêt). Cependant X. Delamarre (7) montre la récurrence de la souche hydronymique pré-romane*Sab(r-) qui a donné la Sèvre par exemple hors notre village se trouve au bord d'une rivière, Soeuvre pourrait ainsi être l'antique nom de la dite rivière.

 

 

--------

 

 

1) http://www.chubri.org/

2) Selon J.Y.Le Moing, 24,20% des toponymes de Plessé sont bretons, et se trouve donc en plein dans la zone "mixte" ou "médiane". (à titre d'exemple comparable: Ploërmel (23,20%)). Selon les chartres de l'abbaye de Redon, Plessé semble en (très) grande majorité bretonnante au haut moyen-age. Selon la toponymie on peu penser que le gallo sera bel et bien majoritaire dès le milieu du bas Moyen-age.

3) Pour en savoir plus sur l'étymologie du Rosais en Piriac : ici

     Pour en savoir plus sur le tumulus de Rouzay en Pléssé : ici.

4) Delamarre, Noms de lieux celtiques de l'Euripe ancienne. édition errance 2012

5) Cette diversité de noms est peut être le reste de registres de langues perdus comme c'est le cas sur la presqu'île guérandaise, où une commune peu avoir plusieurs noms gallos : Prenons l'exemple du Pouliguen où est attesté la prononciation "Pouligen", romane. Et celle plus bretonne mais considérée comme de registre peu élevé : Pouligènn. De même à Saillé, où une prononciation bretonne existait et devait être en compétition: Selag... Les exemples pourraient se multiplier. Malheureusement les linguistiques n'ont pas toujours été bien informés de cette pluralité de forme et ont parfois tirés des conclusions attives à partir d'une seule d'entre elles, alors que les autres, en fait, les contredisent...c'est ti ingrat !

-> A propos du blason de Carheil, normalement les corneilles volent : D'argent, à deux corneilles essorées, affrontées de sable, membrées d'or, une molette de sable en pointe. La devise de Carheil est "Potius mori quam foedari", "plutôt la mort que la souillure" qui est ni plus ni moins que la devise de la Bretagne.

7)Delamarre Xavier, Noms de lieux celtiques de l'Europe ancienne, édition errance, 2012, p 224.

IMG 2394

(Vers Toulan)

 

En savoir plus sur la toponymie du pays de Carheil :

Tremblay Hervé, Noms de lieux et itinéraires anciens en Loire Atlantique, Goubault imprimeur, 1996

 

édition : 12/03/2013

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Published by Seoc - dans Gallo
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