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27 août 2014 3 27 /08 /août /2014 14:00

 

Nous l'avons vu dans plusieurs articles déjà, les derniers locuteurs traditionnels du breton (par cela nous entendons ayant appris le breton par transmission familiale et sans rupture) originaires du pays nantais ont disparus au cours du XXème siècle dans la presqu’île du Croisic autours du bourg de Batz.

 

Cependant certains bretonnants de communes morbihanaises environnantes comme l'île d'Hoëdic ont toujours eu des liens forts avec certaines communes du pays nantais (Piriac, La Turballe, Le Croisic) et ont gardées jusqu’à nos jours une prononciation dialectale pour certains ports qu'ils avaient coutume de fréquenter.

 

Voici donc la prononciation en breton hoëdicais de communes du 44 par R. Allanic (93 ans), turballais, ancien de la marine marchande et né à Hoëdic.

 

(dans l'ordre : an Drebal (la Turballe), ar Groazig (Le Croisic), « deomp d'ar Groazig » (allons au Croisic)


Remarquez que le nom breton de la Turballe correspond à son homologue gallo : La Trouballe (Le breton turballais a lui disparu au début du XIXème)

Ce nom est parfois devenu un surnom en breton : en drebaliz ou en droubaliz (les habitants ou l'habitant de ce lieu)

Il n'a d'ailleurs pas échappé à ce locuteur que le nom breton posé sur le panneau bilingue (an Turbal) de la dite commune ne correspond pas à l'usage réel.

 

Les noms d'autre villes sont bien connus par tous les bretonnants comme Nantes et dans une moindre mesure Guérande ( d'ailleurs en breton "gwerigan"  est un surnom désignant les paludiers, habitants de la presqu'ile guérandaise, formé sur le nom Gwe(n)rann et le diminutif "-igan", d'ailleurs généralement réservé aux êtres fabuleux). En ce qui concerne les villes plus petites du pays nantais le nom breton de la Roche-Bernard est aussi encore d'usage par endroits, on le retrouve dans certaines publicités anciennes d'ailleurs :

 

(ici le nom breton de la Roche Bernard (Dihunamb, 1925): er Roh ("ar Roc'h" en peurunvan), tout simplement, parfois c'est la forme er Roh Bernard qui est utilisée)

 

Bibliographie :

 

Auffray Régis, Le Petit Matao, Rue des scribes, Rennes 2007

Pierre de Châlons, J. L. (1895). Dictionnaire breton-français du dialecte de Vannes. Rennes, Oberthur.

 

Plus d'infos :

 

Des enregistrements effectués par Y. Dabo du breton d'Hoëdic (et d'ailleurs) sont disponibles sur l’excellent site de la banque sonore du breton parlé.

 

Remerciements à Roger Allanic et sa femme, Bertrand Luçon et Yannick Dabo pour leurs précieux conseils.

Lergat, La Turballe.

Lergat, La Turballe.

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Published by Mài - dans Breton
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commentaires

Kerloveou 15/02/2017 13:03

Je suis toujours fasciné par ces analyses de noms de lieux "autocentrées" sur une origine bretonne.( pourtant je suis breton...)
Il suffit de parcourir les nom lieux en France( même en P)rovence où il existe des dizaine de noms de lieux ayant la même racine ( dont la Loire Atlantique: par exemple la Turballière à Sucé sur Erdre) pour se persuader que l'origine du nom est probablement celtique ( dans le sens gaulois)."Tur" est une forme très ancienne désignant une "hauteur, une colline" pour ce qui est de la terminaison "balle" ou "ballo" elle peut être rapproché de termes de l'ancien français désignant un plateau; Il s'agirait de désigné ainsi par Turablle ou Turballo un colline aplatie... ce qui correspond bien à la topographie des lieux( comme à Sucé sur Erdre d'ailleurs); Autre solution le terme "balan" signifiant "genet"

Mitaw 27/03/2017 22:55

Le problème c'est que "tor" est bien vivant dans les dialectes du sud de la Bretagne et reste toujours "tor", il ne devient jamais "tre". De plus, les formes anciennes montrent peu de changement (que ce soit pour Trébal ou Trubal, ...), on a un final en "-bal" depuis le début.

kerloveou 27/03/2017 13:44

En poursuivant mes recherches sur l'origine du nom de Turballe, j'en arrive à affiner une origine probablement gauloise: "Tur" ou "Tor" racine désignant un "flanc de colline" bien présente dans toute la France, "balle" peut être de "balan" : genêt ( qui donnera balai) ou "ballac": "haut-fond"..On trouve ainsi des "ballac" caractérisant des hauts fonds au large de Suscinio...la Turballe est bien un endroit qui se trouve au pied d'une colline à proximité d'un haut-fond...

Mitaw 27/03/2017 10:20

Bonjour,
Le propos de l'article n'est aucunement d'expliquer l'étymologie du nom, mais simplement de présenter une prononciation traditionnelle locale en breton.
C’est vrai qu’il existe plusieurs toponymes proches un peu partout (La Trébale à Saint Nazaire par exemple), je n’ai aucune idée quant à l’origine malheureusement.

ELAIN Yannick 16/02/2016 10:37

Bonjour
Vieux français ? alors que la toponymie locale est quasiment 100 % bretonne. De plus il faut imaginer les lieux a l'époque : une dune de sable s’étendant de pen bron à Brandu, a l'arrière des des marais ou des locs inondés une bonne partie de l'année. pas de port. Qu'est ce qu'un bistrot viendrait faire là ? à moins qu'un Aveyronnais se soit perdu dans le coin d’où le vieux français...

Mitaw 27/02/2016 16:54

"des turballais" se dit "trebaliz" en breton. Il y a donc bien un "t" à l'origine qui a muté en "d" parce que c'est un mot féminin. Il faudrait en plus expliquer le "b", et le mot "dour" ne semble pas accepter la métathèse.

ELAIN 27/02/2016 09:05

et pour la suggestion "en dour all" pour l’étang aux eaux saumâtres ?

Mitaw 17/02/2016 19:36

J'ai pas répondu à propos des Hoëdicais. Ils ont toujours activement fréquenté La Turballe, Le Croisic, Piriac,... Les turballais ont arrêté de parler breton et ils ont donc perdu ce nom mais les hoëdicais (et qlq autres, dans le Morbihan) savent encore très bien que En Drebal (ou An Drebal en peurunvan) c'est La Turballe. Le prochain article du genre sera je l'espère sur Piriac, j'ai bon espoir d'enregistrer un bretonnant natif prononcer Piriac en breton :)

Mitaw 17/02/2016 19:21

Comme le dit Vallerie les noms français des communes de Bretagne peuvent être tout à fait vénérables et populaires. La Turballe n'est sans doute pas une invention de scribe mais simplement la variante romane de ce nom. Il y a toujours eu des populations romanes proches (marins, marchands, nobles,...sans parler des bilingues) pour utiliser ce nom.
Prenons l'exemple d'Escoublac. Ce nom vient du celtique antique *Scublacon. Ce mot unique à l'origine a evolué de trois manières différentes selon la langue.
Il a donné Skoulag en breton nantais. Escoubia en gallo, et en français standard Escoublac donc. Toutes ces formes découlent d'une forme unique et ont évolués selon les règles phonétiques de leur langue respective. Le « -ac » final laisse entendre qu'il y a eu une forme bretonne intermédiaire entre la forme gauloise et romane.
Mais on a aussi des cas plus «radicaux» comme Saillé (Selag en breton) qui montre que les populations romanes ont fait évoluer ce topo sans passer par la case breton. Ce qui montre que cette commune a été continuellement fréquentée (ou simplement connue) par des populations romanes (sans doute grace au commerce du sel). Un autre cas du même style : Vannes/Gwened.
Le problème c'est que l'on ne sait pas bien de quand date le topo La Turballe ni son origine et tout est possible, il ne faut pas oublier non plus que des toponymes romans existent aussi en Basse-Bretagne (Lorient, Morlaix,... et les incontournables Pigeon-blanc, Bel-air, Bellevue,...).

ELAIN Yannick 17/02/2016 18:24

Bonsoir et merci pour ces réponses, tout cela est très passionnant. Vous faites bien de resituer le contexte de l’époque.
Juste une dernière Question. Vous semblez pencher pour la forme "an Drébal", de ce cher Monsieur ALLANIC, déformée par les scribes (fonctionnaires de l'époque) en La Turballe , qui mis a part l'article ne fait pas plus français ? Cela voudrait dire que selon la théorie de M. VALLERIE, que la forme bretonne aurait été conservée depuis la fin du moyen âge a nos jours chez nos voisins Hoedicais…
Pourquoi ces zélés scribes n’auraient-ils pas déformé ou francisé le nom de Tréscalan par exemple qui a l’époque était un village (une frairie je crois) beaucoup plus important ? Mystère.

ELAIN Yannick 15/02/2016 15:32

Les primo habitants Turballais, donnaient un nom a chaque paquet de maison (treveré,trescallan,tremeac,Coet bihan…) ou a chaque lopin de terre (loc croisey, loc bihan,…) souvent en fonction d’une particularité du lieu. Que pouvait avoir de particulier ce petit endroit lové entre le penker et la mer ? Un étang (sous l’actuel terrain de foo) alimenté par le ru du clos mora et de l’auvergnac et relié à la mer par un petit étier. On peut imaginer par grande marée et avec quelques tempêtes que l’eau de mer soit entrée dans cet étang et rendu l’eau saumâtre « an dour all ». Hypothèse comme une autre.

Mitaw 16/02/2016 09:13

Le nom de la Turballe est assez mystérieux, G Buron y voit un emprunt au vieux français "triballe" (cabaret).

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